Les violences conjugales

Vivre dans la violence, le doute, et les pleures

victime de violence
Écrit par Alexandra Renaud

Après plusieurs années de vie commune avec Matt, une certaine habitude et lassitude s’étaient installées. Je vivais les mêmes jours à répétition, j’étais victime de violence, qui avec les cris, rythmaient mon quotidien. Mais ça, ce n’est qu’une partie de l’iceberg. J’avais un entourage très restreint qui ne prenait pas souvent de mes nouvelles. Ma famille s’est éloignée de moi, et moi aussi. Je me renfermais sur moi-même comme une évidence, à cette époque, j’étais saisonnière.

victime de violence, je me retrouvai dehors avec mes valises

 Des fois ça se passait bien, des fois ça se passait mal. Je profitais de mon temps libre pour venir le voir, mais on se disputait. Et un jour, j’en pouvais plus, une grosse dispute éclata. Je me retrouvai du coup dehors avec mes valises à devoir prendre le train de toute urgence, et ensuite le funiculaire. J’arrivai sur le lieu de mon travail et j’étais vraiment très contrariée. À l’époque, j’étais responsable barmaid. Je continuai mon travail machinalement pendant 3 jours, jusqu’à avoir l’idée d’avaler une boîte de comprimés de somnifères. J’étais à ce moment-là derrière mon bar.

Une descente violente en enfer

 Ma collègue de chambre arriva et me dit: « mais tu fais une drôle de tête ». C’est à ce moment-là que j’ai réalisé ma bêtise. Elle alerta les responsables de l’hôtel pour leur annoncer mon geste désespéré. À ce moment-là, j’avais à peu près 21 ans. Mais, je n’arrivais pas à le quitter, je voulais arrêter cette relation malsaine, une relation qui n’aboutissait à rien. Malgré tout ça, la femme, victime de violence que j’étais, n’y parvenait pas, c’était sans cesse un recommencement. Ces situations sont devenues des habitudes, j’en ai vécu plus de 1000 fois.

 Et d’une violence de plus en plus accrue. Heureuse en couple, je ne pense pas l’avoir été, ni avoir connu une vraie complicité avec l’être aimé. Au fil des années, je vivais dans un certain confort, mais au final je n’avais que ça. J’avais du brillant, mais pas d’amour. Au fil des années, il pensait même m’acheter, à me faire sans cesse des réflexions. Je vivais au jour le jour, mais je ne me serais jamais doutée que ça deviendrait des années. J’avais des doutes, je pleurais, mais je n’arrivais toujours pas à partir.

Les agressions physiques dans le couple n’arrivent pas soudainement mais résultent d’une escalade de comportements abusifs et d’intimidations. La pire violence n’est pas la plus visible. Si une femme victime de violence conjugale ne part, c’est qu’elle a été piégée, mise sous emprise. Comprendre l’emprise, c’est aussi s’en défendre.

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