Ma plus grande perte

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Renaud Alexandra

Après plusieurs années de maltraitance, physique et psychologique, j’étais toujours au même stade. Je vivais à ses côtés, mais je savais qu’un jour ça allait s’arrêter. C’est comme si au fond de vous, vous savez que vous n’êtes pas faits pour être ensemble. Après 3 ans de relation avec beaucoup de hauts et de bas, je suis tombée accidentellement enceinte. En temps normal, quand on tombe enceinte, on est heureux. Malheureusement pour moi le rêve se transformait en cauchemar. En effet, pour tout vous dire, j’ai totalement paniqué à cette époque. Ma première réaction, en tant que femme battue, a été de me dire “mon Dieu je peux pas avoir cet enfant”. 

J‘ai pris la décision de me faire avorter

Je me disais que c’était impossible, parce que je ne voyais pas ma relation durer. J’ai mis du temps à réaliser et j’ai pris la décision de lui en parler. Sur le moment, il était plutôt heureux. Je me disais que peut-être qu’il était sincère. Mais malheureusement, après cette nouvelle, je me posais plein de questions. Vais-je arriver à l’assumer dans de telles circonstances? Quelques jours plus tard, une violente dispute éclata. Ce fut un véritable déferlement de violence psychologique mais aussi physique. Cette fois, je pense que j’ai entendu la pire phrase au monde. Il me dit “tu n’as qu’à mourir et que ce bébé crève avec toi dans ton ventre” il rétorqua “crève crève crève. 

Je devais lui cacher la vérité

Après une telle haine, tant de violence psychologique et beaucoup d’incertitudes, j’ai pris la décision de ne pas garder cet enfant. Sans en parler à qui que ce soit, sauf à ma mère, j”ai décidé de me faire avorter 2 semaines après. Cela fut un passage très compliqué pour moi. Je devais lui cacher la vérité et faire les choses très discrètement. En réalité, il en avait totalement rien à faire, il ne se posa aucune question. Je rentrai de l’hôpital comme si rien n’était, je lui annonçai que j’avais perdu l’enfant, suite à une fausse-couche. 

Je n’ai pas vraiment eu de réaction de sa part. Encore une fois je me retrouvai seule avec moi-même, à subir la perte que je venais d’avoir. Pas de réconfort ni de soutien, juste des larmes et un sentiment de perte. Au fond de moi, j’étais totalement anéantie, se faire avorter par obligation par peur de faire subir à son enfant une telle maltraitance. Je n’étais pas du tout prête à affronter une telle situation ni même à l’affronter lui. Mais je dois dire qu’après ce passage très douloureux de ma vie, avec bien d’autres, cela ne fit que me renforcer. L’année qui suivit, je pris la décision de partir à Agadir 3 semaines dans l’appartement de mes parents. Ce fut pour moi l’occasion de m’éloigner de cette vie de violence physique et psychologique, de laisser cette femme battue que j’étais souffler un peu.

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maltraitée est laissé pour compte

Pour moi, cela devait être des vacances totalement normales. Mais à mon retour, je n’habitais plus au même endroit. En effet, il avait décidé de déménager sans même demander mon accord, il avait choisi l’appartement, l’endroit, les meubles. Bref moi, je n’avais pas mon mot à dire. Je me sentais totalement inexistante, je subissais tout en me taisant. Et nous, les femmes pour la plupart, subissons la maltraitance dans le silence. La femme battue se renferme sans arriver à s’exprimer. On voudrait arriver à parler de cette violence, qu’elle soit physique, psychologique ou sexuelle. Mais les mots ne sortent pas. Est-ce que les gens vont nous prendre au sérieux ? Moi personnellement, beaucoup m’ont jugée. Ils m’ont classée dans un genre de femmes. Aujourd’hui, les gens ne se préoccupent plus de vous, ils font semblant de s’intéresser à vos problèmes. Mais au fond est-ce qu’ils vous aident ? La réponse est non, car pour se sortir d’une situation, il faut le vouloir. Et réussir à fuir une telle vie faite de violences conjugales est quelque chose, qui sans volonté est juste impossible. En effet, sortir de cette situation, c’est renoncer à ses habitudes, à un certain “confort” et se diriger vers l’inconnu. L’inconnu peut paraître excitant, stimulant. Mais pour une femme battue effrayée de sa vie, l’inconnu fait peur, plus peur encore que la violence dont elle est victime.

La maltraitance, la subtile mécanique qui conduit une femme, intelligente, instruite, bien insérée socialement à accepter l’inacceptable. Au-delà de la brutalité de son compagnon, l’apprentissage progressif, qui transforme la victime, la persuade que tout ce qui se produit est de sa faute. Qu’elle l’a cherché, qu’elle mérite ce qui lui arrive… Pourquoi tu réponds pas ? “Un type comme ça, on ne le laisse pas partir” lui répète son amie Joséphine.

Voici 2 livres qui peuvent vous aidez

Pourquoi

tu réponds pas ?

La maltraitance

phycologique

Elle ne sait pas, ne sait plus

Caroline doute, ne sait pas, hésite, comme si une petite voix venait sans cesse lui murmurer que tout est trop beau pour être vrai, que… – Les marques sur votre bras ? C’est lui ? – Il ne se rend pas compte de sa force. – Non, c’est vous qui ne vous rendez pas compte de sa brutalité. Elle ne sait pas, ne sait plus, qui elle est, qui est Cédric. Elle se bat, contre elle, contre lui, contre tous ceux qui réprouvent sa décision. “Un type comme ça, on ne le laisse pas partir”.

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