Les violences conjugales

J’aurais pu le tuer mais lui aussi !

femme maltraitée
Écrit par Alexandra Renaud

Ce récit est mon propre vécut

Nous voici arrivés un moment crucial de la rubrique violence conjugale « femme maltraitée« , sur le blog allô maman solo. Je vais vous livrer mon témoignage sur ce qui fut pour moi le déclic pour en finir avec la violence conjugale et l’emprise sous laquelle je vivais. Nous sommes pile au moment où ma vie a basculé, j’avais 25 ans. À cette période-là, j’avais mûri, j’avais grandi en tant que femme. J’avais envie de construire et de fonder une famille, mais j’étais totalement dans le mensonge avec un voile devant mes yeux. Et c’est là qu’on se rend compte qu’on est vraiment perdu.

Victime de violence, à répétition et malgré tout …

Cela faisait des années que j’étais une femme maltraitée, sous emprise et victime de violence à répétition. Malgré tout, j’avais envie d’avoir un enfant. C’est là que l’expression »victime de violence psychologique » prend tout son sens, nous sommes dans un monde totalement parallèle. Nous, les femmes battues, pensons que notre vie est belle parce qu’il se passe 2 ou 3 jours de calme au sein du couple. Mais encore une fois cela est éphémère. Nous pourrions penser que le fait d’avoir un enfant pourrait faire changer le comportement d’une personne. Peut-être que la venue au monde d’un bébé aiderait à mettre fin à la violence faite contre les femmes?

Dans mon monde à moi ce n’était pas le cas. Quand j’ai accouché de ma fille, je me suis retrouvée à l’hôpital accompagnée d’une amie car monsieur dormait… Et trois jours après, à l’hôpital, je me faisais insulter dans la chambre. Je ne peux vous dire toutes les larmes qui ont coulé de mon corps ce jour-là. J’ai eu mal, très mal. Nous faisions des travaux dans une maison, 15 jours après l’accouchement. Je me retrouvais à y aller chaque jour pour travailler. J’allais sur le chantier avec les ouvriers pour terminer les travaux dans la maison, la décoration, l’installation, le nettoyage.

J’ai été totalement défigurée par la maladie

Après avoir subi pendant 12 ans, m’être faite insulter, frapper je ne supportais plus. Et un jour, j’ai totalement craqué. Je faisais des crises de colère, je n’arrivais pratiquement plus à m’exprimer. J’étais à bout de nerfs, je me rendais malade à en faire des crises d’herpès oculaire.

Et oui ! Après l’accouchement de ma fille, j’ai commencé à avoir ma première crise herpétique au niveau des yeux. Mais j’étais tellement mal dans ma vie et dans ma tête, que la première année j’ai fait 4 grosses crises. Des douleurs qui montent dans la tête, où j’avais l’impression de mourir. Et depuis, cela fait 4 ans que je suis sous traitement régulier au Zelitrex pour éviter de remonter en crise. Mais la maladie avait atteint un tel niveau que mes deux yeux ont été touchés. J’ai développé des infections à répétition sur l’œil gauche, pendant 1 an. J’ai été totalement défigurée par la maladie.

Voilà le résultat de plusieurs années où on se sent mal dans sa tête et dans sa peau, le stade est tel que j’en avais perdu 10 kg sur 50 kg de base. J’étais totalement méconnaissable après deux accouchements, une maladie compliquée, j’ai totalement péter un câble.

Si je ne pars pas un jour je vais soit le tuer soit il me tuera

Et un jour ce fut le geste de trop. Il allait me sauter dessus, je me trouvais dans la cuisine. J’ai attrapé un couteau et je l’ai mis sous sa gorge, et en le regardant droit dans les yeux je lui ai dit  » si tu approches je t’égorge ». Il me regarda d’un air choqué et surpris de ma réaction. Et à ce moment-là dans ma tête j’ai compris, je me suis dit que si je ne pars pas, un jour, je vais soit le tuer soit il me tuera. J’ai compris que la violence contre les femmes peut conduire au pire.

Pour moi c’était devenu une évidence, je m’étais mise en défense pour mes enfants. Que ce soit en tant que femme ou en tant que maman, je ne voulais plus être sous son emprise. Je ne voulais plus qu’ils voient leur mère se faire étaler au sol ou éclater contre les murs. Je ne voulais plus qu’ils entendent leur mère crier, pleurer. Il était devenu totalement ingérable, il était irritable tout le temps. Il fallait vite que je parte car à ce moment-là je savais que ma vie était en danger.

 

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